La clé USB : petite par la taille, pas par les impacts

L’un des premiers réflexes d’une entreprise en matière de politique RSE est, souvent, de chercher à réduire sa consommation de papier. On ne saurait la blâmer. L’alternative toute trouvée à celle-ci est alors souvent la clé USB. Bienvenue dans l’ère numérique ! De petite taille, permettant d’enregistrer de nombreux documents, très facile à transporter, à brancher et à débrancher, elle paraît infiniment plus pratique et plus écologique… à première vue. Pourtant, l’impact environnemental de la clé USB est loin d’être neutre et son usage, selon les circonstances, n’est pas toujours préférable à d’autres options, et même parfois à celle du papier.

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Pour bien comprendre les externalités négatives de la clé USB par rapport à d’autres usages, il faut raisonner en termes d’analyse de cycle de vie (ACV). Il s’agit de considérer les différentes étapes de la vie de ce produit (production, assemblage, transport, utilisation et fin de vie) et d’analyser à chaque fois quels sont les flux entrants et sortants (ressources, déchets, énergie). Il faut aussi fonctionner avec un cadre de référence, que l’on appelle unité fonctionnelle et qui permet de comparer des scénarios. On peut alors s’attacher à en déterminer les impacts : émission de CO2, effets sur le climat, sur la santé humaine, sur la ressource en eau et sur la qualité des écosystèmes. Ainsi, une étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) sur l’usage de la clé USB a permis de mettre à jour les éléments suivants :

–     La production de la clé USB a un impact important sur l’environnement

Elle est consommatrice de matières premières et d’énergie non renouvelables. Son mode de fabrication présente à la fois un potentiel élevé d’épuisement des ressources naturelles (81%) et notamment des métaux rares (cuivre, aluminium) et un fort potentiel de toxicité pour l’homme (88%) et l’environnement (85%). C’est d’ailleurs l’étape de production de la clé USB qui concentre les impacts les plus néfastes.

–     L’utilisation de la clé USB, lors de la transmission de documents peut se révéler fortement émettrice de CO2

Pour vous, rien de plus innocent et d’anodin que d’échanger un fichier avec votre collègue grâce à une clé USB ? Détrompez-vous ! Selon l’ADEME, « les émissions correspondant à la transmission d’un document de 10 Mo à 1000 personnes, à l’occasion d’un colloque par exemple, représentent les mêmes impacts potentiels sur le changement climatique qu’un trajet d’un peu plus de 80 kilomètres en voiture. » Cela s’explique par le fait que l’utilisation d’une clé USB suppose l’utilisation d’un ordinateur pour copier, enregistrer et afficher les documents. Cette utilisation entre donc dans les impacts de la clé USB et peut même s’avérer plus importante que celle du papier. Ainsi, lorsque la lecture d’un document excède 3 minutes d’affichage par page sur un écran,  il vaut mieux lui préférer l’impression noir et blanc, recto/verso.

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–     La fin de vie et le recyclage des clés USB : une affaire loin d’être simple…

Votre clé USB a été votre fidèle alliée lors de vos réunions et de vos présentations, mais voilà, sa carrière est terminée. Les clés USB ont en effet un nombre de cycles d’écriture / effacement défini (de 10 000 à 100 000). Il faut donc la jeter… mais surtout pas à la poubelle ! Les clés USB, comme les chargeurs ou encore les simples prises électriques font l’objet d’une filière de valorisation et dépollution spécifique aux déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). En effet, ses composants sont dangereux pour la santé et l’environnement.

En principe, votre distributeur devrait se charger de votre clé USB obsolète. Si néanmoins ce n’était pas le cas, n’hésitez pas à collecter tous les déchets électriques et électroniques de votre entreprise pour les déposer dans une déchetterie.

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–     Quelles alternatives à la clé USB ?

L’ère du cloud a commencé depuis quelques temps déjà et de nombreux sites d’hébergement de fichiers en ligne, tels que Google Drive, DropBox, WeTransfer ou encore Hubic, existent pour stocker et partager vos fichiers. Cependant, leur impact n’est pas neutre sur l’environnement non plus, ce serait trop simple. En effet, la gestion des data centers, ces grands bâtiments où s’alignent des serveurs qui consomment de l’électricité en continu et ont un fort besoin de refroidissement, reste fortement consommatrice d’énergie. Elle représente ainsi 1,5% de la production d’électricité mondiale et 2% des émissions de CO2.

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La seconde alternative, qui peut surprendre, est en fait… le papier ! Lorsqu’il est issu de forêts gérées durablement, celui-ci est une ressource 100% renouvelable et ses émissions restent raisonnables. Il est bien sûr préférable de privilégier le papier recyclé : selon l’environmental Paper Network, sa production requiert 20 fois moins d’eau et moitié moins d’électricité que celle de pâte à papier classique. Enfin, il contribue de plus à une bonne gestion forestière et donc à la maximisation de la capacité de stockage de carbone des forêts.

–     Comment optimiser votre usage des clés USB ?

Si vous passer de clés USB au bureau vous semble insurmontable, sachez qu’il existe néanmoins quelques gestes simples à mettre en pratique afin de réduire les émissions de CO2 de celles-ci :

1) Choisir des clés USB avec une grande capacité de stockage, de petite taille et utiliser pleinement l’espace dont elles disposent, plutôt que d’utiliser plusieurs clés USB avec une capacité de stockage moindre.

2) Calculer le temps nécessaire à la lecture des fichiers transmis par clé USB : au-delà de 2 minutes et 12 secondes pour lire une page de votre document, mieux vaut passer à l’impression en recto verso et avec deux pages par feuille.

3) Compressez les fichiers que vous souhaitez transmettre afin d’optimiser votre espace de stockage (cette astuce est également valable pour vos envois de mail : pensez  toujours à compresser !). Plus un fichier est léger, moins sa transmission est source d’émissions de CO2.

4) Réutilisez vos clés USB jusqu’à l’obsolescence pour ne pas alourdir votre impact environnemental en les renouvelant trop souvent.

5) Et enfin, en matière d’objets promotionnnels et cadeaux d’affaires, pensez à une idée plus originale et moins impactante que la clé USB. A l’heure où vous clients attendent plus d’engagement en matière de politique d’achat et de transparence, votre image et la qualité de votre communication se trouveront renforcées par des options plus … durables. Pourquoi ne pas passer aux objets promotionnels à impacts positifs ?