Les briquets, une catastrophe pour la planète

Au gré de mes recherches sur le monde fascinant des objets publicitaires, et bien que je n’en sois pas à ma première surprise, loin s’en faut, je suis récemment tombé sur un chiffre qui m’a un peu sidéré : la production mondiale de briquets jetables serait de 7 milliards d’unités.

7 milliards.
Un par humain.
Soit un peu plus de 200 briquets jetables produits à chaque seconde.

Un calcul rapide permet de donner une mesure à cette démesure : Mis bout-à-bout, les briquets jetables qui sont déversés sur le marché chaque année permettraient ainsi de relier la Terre à la Lune par une magnifique, mirifique et féérique colonne de plastique.

La réalité qui se cache derrière ce chiffre est pour le moins étourdissante :

Des conséquences environnementales désastreuses :

  • Ces briquets, faits de composants variés assemblés, pour des raisons de sécurité, de manière à ne pouvoir être désolidarisés, ne peuvent se recycler : Que deviennent-ils ?
  • Là où une allumette met 6 mois à se dégrader dans la nature, le site consoglobe.com estime qu’il faut un siècle environ pour qu’un briquet jetable se décompose.
  • Polypropylène, Zamak (un alliage de zinc, aluminium et magnésium), Delrin (polyoxyméthylène)… Les matières premières qui composent ces sympathiques petits objets portent des noms qui, outre leur score imbattable au Scrabble, désignent principalement des matériaux synthétiques ou non renouvelables, dont l’extraction, la production et le transport impactent fortement l’environnement.
  • La production des pièces et l’assemblage des objets est également très impactante, certaines des matières premières devant par exemple être chauffées à 440°C pour être fondues et moulées.

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Des machines de guerre contre la santé humaine

Je pourrais poursuivre le réquisitoire contre le briquet jetable, objet symbolique jusqu’à l’absurde d’une société prédatrice et inconsciente que nous sommes heureusement de plus en plus nombreux à vouloir réinventer, et m’attarder par exemple sur les conditions sociales dans lesquelles sont assemblés ces objets dans des cadences infernales.

Je pourrais évidemment analyser aussi la phase suivante de leur cycle de vie, à savoir leur phase d’utilisation : quelques feux de cheminée par-ci, quelques cierges brûlés par-là, un peu plus de bougies parfumées et d’encens (dont les émanations de formaldéhyde, d’acroléine, de benzène et de particules seraient plus que probablement cancérigènes … mais aussi et surtout des clopes par milliers de milliards (on en fumerait 4.000 milliards par an dans le monde, soit 125.000 par seconde), responsables de 33% des cancers des hommes, et d’un coût humain et financier abyssal. Soit dit en passant, également responsables d’une pollution gigantesque à l’échelle de la planète, avec leurs fumées hautement nocives et leurs mégots à gogo dont notre pauvre terre peine à digérer les poisons.

Pour le chapitre sur l’industrie du tabac et ses pratiques inavouables, un documentaire entier mériterait sans doute d’y être consacré (ah, c’est déjà fait justement.)

Bref…

Au-delà des nombreuses questions éthiques qu’ouvre le briquet jetable, mon étonnement se porte plutôt, pour en revenir à l’origine de ce billet, sur le fait qu’un tel objet soit devenu un des chouchous des objets publicitaires.

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Comment imaginer que les marques et entreprises aient pu trouver en un tel objet “satanique” un ambassadeur de choix de leurs valeurs et de leur image ?

On peut penser que la part des briquets, parmi les objets promotionnels favoris des marques, va tendre à décroître, a fortiori avec le recul progressif du tabagisme et la progression des cigarettes électroniques. Au moins dans nos contrées, puisqu’ils continuent à être considérés comme des produits luxueux dans de nombreuses régions du globe.

Mais au profit de quels objets publicitaires décroîtrait cette part de marché ? Probablement des autres stars, certaines relativement récentes comme les clés USB qui déferlent elles aussi par milliards (avec des conséquences qu’il serait également instructif d’analyser), d’autres éternelles tels les stylos en plastique, T-shirts en coton à bas prix et autres casquettes aussi ridicules qu’inutiles.

Ainsi donc, la tour Terre-Lune de briquets jetables est, aux côtés d’autres colonnes interplanétaires de produits toxiques, polluants, superflus et éphémères, le symbole ahurissant d’un marché qui a eu ses heures de gloire à l’époque où « le plastique, c’était fantastique ! », et qui a oublié de se renouveler. Un marché sur lequel près de 50% des clients attacheraient, désormais, une importance moyenne à primordiale à la dimension environnementale, mais où seuls 3,7% des revendeurs proposent un catalogue « écologique ».

C’est à ce décalage que nous avons décidé de nous frotter avec Gifts for Change, en imaginant une nouvelle génération d’objets promotionnels à impacts positifs. Avec l’ambition de changer radicalement la physionomie de ce marché et de lui redonner de nouvelles lettres de noblesse faites d’utilité sociale, environnementale, et de transformation positive du monde.